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PATRIMOINE
Sidi Rihane, le saint d'Aokas
 
Timezrit : le cinéma au service de la mémoire et de la culture
 
SOIRÉES RAMADHANESQUES
Aït Menguellet enflamme la salle Atlas

PATRIMOINE
  Sidi Rihane, le saint d'Aokas
Sidi Rihane est un saint vénéré et craint par les Kabyles de la région du cap Aokas (Oued- Marsa). Sa «kouba» reconstruite en 1922 est comme enfouie sous des oliviers millénaires (l'un d'eux a24 mètres de tour) que respecte la hache du bûcheron. Cette mosquée, édifiée sur un monticule qui n'a pas plus de dix mètres de large en certains endroits, à une cinquantaine de mètres de la route nationale N9 (Bougie, Setif, 27km), domine celle-ci ainsi que la ferme Ferrouillat (aujourd'hui Aubertier). Àquelques mètres, court un Oued qui porte son nom, rivière qui ne tarit jamais et qui prend sa source au col de Kefrida (l'opidum aquae frigidae) des romains «La forteresse de l'eau fraîche». Dès le 1er août, cette «eau fraîche» alimente abondamment le centre du cap Aokas et cela grâce à l'heureuse initiative de Déjean, administrateur de la commune mixte de l'Oued-Marsa . Cette eau est tellement glacée à sa source que les Kabyles disent «nul n'est capable d'en retirer sept cailloux l'un après l'autres» Plusieurs légendes courent sur le marabout de Sidi Rihane, en voici une: Sidi Rihane, dont on ignore le véritable nom et l'origine, s'est, dit-on, présenté couvert de haillons chez les Aït Larbi qui habitaient Andriech (ferme actuelle de M.Aubertier) le magnum agrarium romain (le dépôt de céréales). L'ancêtre des Aït Larbi qui, à ce moment-la ignorait tout de Sidi Rihane, engagea celui-ci comme domestique. Au moment des semailles, il le chargea d'aller labourer. Sidi Rihane se rendit aux champs. là, il ordonna aux boeufs de s'accoupler, plaça sa calotte sur le mancheron de la charrue et laissa ainsi l'attelage accomplir seul sa besogne. Quant à lui, il se retira sur une éminence d'où il dominerait le champ. Pendant ce temps, des oiseaux de toutes sortes l'entouraient, tandis que des perdrix lui épouillaient la tête Quelque temps après, des voisins, témoins cachés de ce prodige, s'empressèrent d'en faire part au patron de Sidi Rihane. Tout d'abord incrédule à ce qu'on lui racontait, il voulut s'en rendre compte. Convaincu à son tour de la réalité du miracle de Sidi Rihane, il lui témoigna son respect et sa vénération en l'exemptant de tout travail Mais son épouse ne l'entendait pas ainsi. Un jour, elle dit à Sidi Rihane : «Au lieu de rester sans rien faire, va nous chercher du bois». Sidi Rihane ne répondit rien. Il se rendit à la forêt voisine, il chargea sur le dos d'une panthère un gros fagot de bois et l'attacha avec des serpents, puis il s'en retourna à la maison. En arrivant, il dit à sa patronne : «Ô Lalla (madame), vas décharger le bois qui est à la porte). Celle-ci croyant trouver un chargement ordinaire, mourut de frayeur à la vue de la panthère et des serpents. Depuis ce jour-la, Sidi Rihane fut respecté par les Kabyles de la région qui voulaient tous le servir. Il resta chez les Aït Larbi jusqu'à sa mort. Il faisait ses dévotions et passait la nuit sous un myrte (Tarihant) diminutif de "Arihan". Avant de mourir il demanda à être enterré sous cet arbrisseau. C'est pour cela que les Kabyles l'appellent Sidi Rihane «le seigneur du myrte» D'aucuns prétendent qu'il n'est autre que Sidi Abdelhaq mort et enterré au camp inférieur à Béjaïa et qui aurait ainsi deux tombeaux. Sidi Rihane n'a pas laissé d'enfants. Les descendants de ceux qui l'avaient accueilli et qui devinrent ses serviteurs religieux bénéficient encore des offrandes apportées à ce saint marabout
 Hafit Zaouche 

 Timezrit : le cinéma au service de la mémoire et de la culture
Ciné plus est l'une des associations culturelles et cinématographiques que compte la wilaya de Béjaïa. Implantée à Timezrit, mais son aura aspire à l'universalité. Créée en 2005 par des membres fondateurs jaloux de la culture de l'image. Le flambeau est apparemment difficile à passer... mais son âme ne mourra jamais, tant que l'immense réalisateur, Azzedine Meddour, plane au-dessus et autour d'elle pour la mettre en étreinte et la protéger à jamais. Le combat de Meddour et des autres ne sera pas vain, en tous les cas. Cette jeune et infatigable association vient de confirmer pour la énième fois que c'est une association qui a dépassé, depuis un bon moment déjà, les frontières géographiques de la commune de Timezrit. Après avoir terminé la première phase du projet «éducation à l'image» qui s'est tenu du 11au 26 juillet du mois passé au niveau de l'Auberge de jeunes de Kherrata. L'équipe de «Cine+» refuse d'être en reste puisqu’elle a tracé un riche programme pour ce mois de Ramadhan en cours. C'est ainsi que deux ateliers sont montés, à savoir l'atelier de réalisation d'un court métrage muet de 13 minutes qui a comme titre «l'immigré» et l'atelier de cinéma d'animation qui a comme objectif, réalisation d'un court métrage de 4 minutes ayant pour titre «pot de miel» qui est inspiré d'un conte du terroir kabyle. Ces deux ateliers sont encadrés par Etienne Husson. En plus de ces deux ateliers, «Cine+» a concocté un programme de projections en plein air intitulé : «asaru i ytran» dans plusieurs villages de la commune Timezrit et dans d'autres communes de la région:At Djllil, El Flay, Ibarbachen (Barbacha), Tinebdar, Sidi Ayad.
 H.Z. 

SOIRÉES RAMADHANESQUES
  Aït Menguellet enflamme la salle Atlas

La salle Atlas a retrouvé une fois de plus l'un des maîtres incontestables de la chanson kabyle. Une ambiance des grands jours régnait avant-hier dans cette salle mythique de Bab El Oued. Lounis Aït Menguellet, accompagné de son fils Djaafar et de son orchestre composé de trois musiciens a drainé, comme à l'accoutumée, la grande foule.

I l a rassemblé, l'espace de plus de deux heures, plusieurs générations de ses admirateurs, du grand-père au petit-fils. Les femmes et les filles étaient, elles aussi, présentes en force. Nul ne tenait à rater un tel spectacle. Dans une salle archicomble, le public a eu droit à un beau spectacle, empreint d'une communion sans égale Celui de voir une assistance reprendre en choeur les oeuvres immortelles du chanteur. Des familles entières ont fait de longs déplacements pour assister à ce concert. Au point où les aires de stationnement deviennent de plus en plus étroites et ne pouvant contenir tous ces véhicules venus de presque toutes les wilayas du Centre. «Nous venons de Tigzirt sur mer, on ne tenait pas à rater ce concert à tout prix. Lounis n'est pas à présenter. On à assisté à son dernier spectacle de la fin de la semaine dernière à Tizi-Ouzou », affirme ce chef de famille venu accompagné de sa femme et de ses deux enfants. Après une brève présentation de l'animateur, Lounis fait son apparition sur les planches. Il souhaitera la bienvenue à tous avant d'inaugurer cette soirée par sa célèbre chanson «A Itij hadar ateglidh» (oh soleil, ne te couche pas). Suivront les airs d'antan, qui louent l'amour (thayri), tels que «urjagh win turja teriel», «Sabragh d uzal» et même» tabrats n slam». La petite piste séparant la scène de la salle a été envahie à plusieurs reprises par les spectateurs et les spectatrices qui dansaient follement. Et comme de coutume, la deuxième partie du concert était dédiée aux chansons à textes. Un vrai régal, notamment pour les femmes et les personnes âgées qui accompagnaient l'aède en reprenant les chanson et en balançant la tête. Il n'a laissé, durant près deux heures, personne indifférent, ni les jeunes, ni les familles, ni la gent féminine venue d'ailleurs en force. A noter que le célèbre auteur, chanteur et compositeur entamera la semaine prochaine, à partir de lundi une tournée à l'est du pays en commencant entamera par la ville des Ponts. Aït Menguellet qui préfère les salles aux autres espaces à l'air libre, jugeant son public bien spécifique qui écoute plus qu'autre chose, s'est, par ailleurs, dit fortement touché par l'intention du King du rai de composer avec lui, une oeuvre. J'apprécie l'idée et j'en ai déjà discuté avec Khaled au sujet du projet, a-til affirmé lors de la conférence de presse qu'il a animée jeudi dernier à Tiziouzou.

 Farid.H. 

 
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