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79 MORTS EN ÉGYPTE APRÈS LA RENCONTRE AL-MASRY - AL-AHLY
Un drame sur fond politique
Le football africain commence à perdre de sa saveur, et ce qui est prétendu être une fête dans les différents stades tourne souvent au drame. Le fait de voir les «meilleurs» joueurs du continent noir aspirer à tenter une expérience en dehors de l'Afrique, quels que soient le calibre et l'identité du club preneur, prouve, on ne peut plus, que le climat devient «invivable», et l'on adopte, ainsi donc, la politique de «la fuite en avant». Une fois de plus, ce qui s'est passé mercredi dernier en terre égyptienne, plus précisément au stade de Port Saïd, lors de la rencontre ayant opposé Al-Masry à l'Al-Ahly du Caire, et le nombre incalculable de personnes tuées et blessées vient concrétiser cet état des lieux. Plus de 70 personnes (officiellement on parle de 79 jusqu'à présent) ont trouvé la mort au coup de sifflet final de l'une des plus chaudes affiches du championnat égyptien, soldée, faut-il le rappeler, sur une victoire d'Al-Masry sur le score de (3-1), et marquée par un envahissement de terrain, au début, avant que les choses ne prennent une autre tournure avec un déchaînement de violences sur la pelouse et dans les tribunes. L'Egypte est en deuil, et l'état d'alerte est déclenché puisque plusieurs voix se sont élevées par évoquer des événements planifiés et orchestrés. C'était une évidence pour tout le monde en Egypte quelques heures après les événements. Ces chiffres placent déjà les événements de Port-Saïd parmi les dix événements les plus meurtriers de l'histoire du football. C'est le bilan le plus lourd depuis 1996 où une panique au Guatemala au stade Mateo Flores 84 morts. L'Assemblée du peuple, dominée par les Frères musulmans, a demandé au ministre de l'Intérieur et aux responsables de la sécurité d'assumer pleinement leurs responsabilités, voir même leur limogeage. Le motif invoqué du déclenchement de ces troubles, est le fait que les supporters d'Al-Ahly aient déployé des banderoles injurieuses à l'égard de Port-Saïd. Un supporter d'Al Ahli, ajoute-t-on, armé d'une barre de fer est en outre descendu sur le terrain, a incité les supporters locaux à descendre à leur tour sur la pelouse et à attaquer les joueurs d'Al Ahli avant de s'en prendre aux tribunes accueillant les supporters visiteurs, et la suite est connue chez tout le monde. Des supporters ont été piétinés dans la bousculade provoquée par la panique ou ont chuté des gradins, et le «petit» groupe de police anti-émeute déployé pur la circonstance a paru totalement débordé puisque les «agresseurs» ont pu continuer à frapper à coups de pieds et de poings tout ce qui se trouvait sur leur chemin. D'autres membres des forces de l'ordre ont semblé eux se désintéresser totalement des événements. De là, et à voir et entendre les différentes interventions d'acteurs influents dans le milieu égyptien, l'armée locale est pointée du doigt, et les motifs invoqués, par-ci, parlà, en sont la parfaite illustration. Plusieurs questions restent en suspens, d'autant qu'un ensemble de faits nourrissent les soupçons. Ceux qui sont de cet avis, invitent seulement à voir les anciennes rencontres de la formation d'Al-Masry, de moins d'intensité mais où de grands renforts policiers furent mis en place, alors que pour une rencontre de tension pareille, face au club le plus titré et populaire du pays, une absence des plus remarquées a été enregistrée. Albadri Farghali, représentant de Port-Saïd, ainsi que le représentant des Frères musulmans, parlent de «mains invisibles, puisque les autorités ont été absentes». Parmis les parties officielles, telle le Maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui dirige le CSFA, a tenté de calmer les ardeurs en affirmant que «L'Egypte sera stable», mais les dés sont déjà jetés et le pays tombe dans une crise sans précédant. L'autre motif par lequel on veut impliquer l'armée égyptienne, est cet antécédent avec le groupe ultra d'Al-Ahly, accusé par les forces de l'ordre d'être le premier initiateur des événements de la place Tahrir, d'où l'air de vengeance qui se dégage. «Pour la première fois dans l'histoire des rencontres entre ces deux équipes, nous n'avons pas vu de policiers ou de membres des services de sécurité. La police a quitté le stade, votre complot apparaît au grand jour», ont fustigé les Ultras du club cairote, connus pour défendre leur équipe avec passion, parfois violemment, mais ce ne sont pas des hooligans. Il s'interrogent, aussi, sur le fait s'il s'agit d'une coïncidence qu'un incendie se soit déclaré au même moment dans un autre stade, où jouait le club Al-Zamalek face à Al-Ismaily, et annulé au finish. «Pourquoi le gouverneur de Port-Saïd et le chef de la sécurité locale étaient-ils absents à ce match très sensible, alors qu'ils sont toujours là d'habitude ? Pourquoi les fans du Al- Masry nous ont-ils attaqués alors qu'ils avaient gagné ?», ajoutent-ils, ouvrant la porte aux soupçons d'infiltration de ce camp. Les témoignages qui impliquent encore l'armée égyptienne sont ceux de certains supporters qui assurent qu'ils n'ont pas été attaqués par des supporteurs de foot mais par des groupes infiltrés, qui disposaient d'armes et de projectiles en nombre (pierres, bâtons, couteaux, bouteilles et fusées éclairantes), alors que les contrôles sont traditionnellement stricts à l'entrée des stades en Egypte. Ceci, avant que l'inaction des policiers pendant les heurts suscite aussi de nombreux commentaires. Les supporters ne sont pas les seuls à incriminer les forces de l'ordre, mais aussi les joueurs, à l'image de Mohamed Abou Trika qui dira dans ce sens qu'ils ont été abandonnés par les forces de sécurité, tout comme son entraîneur portugais, Manuel José, qui a décidé de prendre un aller sans retour vers son pays. Cela devient coutumier en Egypte, à chaque occasion, un grand nombre de supporters est blessé et la répétition et la gravité de ces troubles était un avertissement. C'est plus qu'une négligence coupable de la part des autorités égyptiennes et son armée, pointées plus que jamais du doigt. L'affaire est loin, voir très loin, de livrer tous ses secrets.
Mohamed Benhamla
 
LIGUE 1 (19E JOURNÉE)
L'ASO veut creuser l'écart, les poursuivants aux aguets
Le leader du championnat professionnel de football de Ligue 1, l'ASO Chlef, tentera de préserver sa pôle position, en se rendant chez la JSM Béjaia, alors que son dauphin, l'ES Sétif accueillera l'USM Harrach, à l'occasion de la 19e journée prévue samedi. Battue à domicile par l'ES Sétif (2-3), la JSM Béjaia devra puiser dans ses ressources pour venir à bout d'une coriace formation de l'ASO, qui s'est accaparée le fauteuil de leader après son succès face au NA Hussein Dey (2-1). L'entraîneur de la JSMB, le Français Alain Michel, déjà contesté, devra trouver la bonne solution pour permettre à son team d'amorcer un nouveau départ après deux défaites de rang. L'ASO de Noureddine Saadi, très en verve depuis quelques journées, est capable de damer le pion aux gars de la Soummam, en pleine période de doute. L'ESS (2e, 33 pts), a réussi à relever la tête après sa défaite «surprise» at home face au MC Alger. Les Sétifiens, grâce à un Djabou des grands jours, ont décroché une précieuse victoire à Béjaia, et aspirent à la confirmer à l'occasion de la réception de l'USMH (6e, 39 pts). Toutefois, les joueurs de l'entraîneur suisse Alain Geiger, devront rester vigilants face à une équipe banlieusarde qui revient fort après deux succès de suite, dont un lors du derby algérois face à l'USM Alger. Le CR Belouizdad (3e, 32 pts), qui a marqué le pas en concédant le match nul à Alger face au WA Tlemcen (5e, 29 pts), effectuera un déplacement périlleux à Oran pour donner la réplique au MCO (14e, 16 pts), qui n'aura d'autre alternative que la victoire pour quitter la zone rouge. Un test difficile pour la bande à Djamel Menad, toujours invaincu depuis son arrivée au Chabab. L'USM Alger (4e, 30 pts), où rien ne va plus après deux défaites de rang, est appelé à réagir au stade Omar Hamadi (Alger) face au MCE Eulma, qui a vu son match face au MCO, reporté à une date ultérieure pour impraticabilité de terrain. Les «Rouge et Noir», complètement groggy et dont l'entraîneur français Didier Ollé-Nicolle pourrait être limogé ce mercredi, devront rapidement relever la tête s'ils ne veulent pas se voir distancer par le trio de tête, et compromettre ainsi leurs chances pour le titre. Les joueurs du MCEE (10e, 21 pts), quant à eux, devront grignoter des points de l'extérieur pour s'éloigner du trio relégable. La JS Kabylie (8e, 25 pts), auteur d'un point précieux en déplacement face au CA Batna (13e, 19 pts), semble bien tourner la page après le départ de l'entraîneur Meziane Ighil, limogé par la direction. Les coéquipiers de Hocine Metref accueilleront une équipe du WAT, qui traverse une période euphorique avec un bilan de cinq matches sans défaite dont quatre victoires. L'entraîneur de la JSK, Mourad Karouf, qui a réussi le test de Batna, est appelé à faire de même face au WAT, qui compte effectuer le voyage à Tizi-Ouzou avec l'intention de revenir avec un bon résultat Le MC Alger (9e, 24 pts), a échoué à confirmer sa retentissante victoire décrochée à Sétif, en concédant le match nul face au CS Constantine (12e, 20 pts). Les joueurs de François Bracci, qui se sont fait rejoindre au score après avoir menés 2 à 0, seront appelés à réagir face au NAHD, lanterne rouge de la Ligue 1 (11 pts), au risque de se voir contenter de jouer les seconds rôles. Le «Nasria» qui s'approche de plus en plus du purgatoire, devra impérativement gagner ce derby pour entrevoir l'espoir du maintien. Les deux dernières rencontres au programme de la journée CSC-CAB et MCS-ASK, s'annoncent à priori équilibrées et ouvertes à tous les pronostics.
R. S. 
 
IL NE TARIT PAS D'ÉLOGES SUR MEDOUAR
Saâdi tacle Haddad à sa manière
Décidemment, l'ent raîneur Noureddine Saadi n'est toujours pas prêt à digérer son limogeage de la barre technique de l'USMA au milieu de la saison dernière, alors que son parcours avec les Rouge et Noir de la capitale lors de la première partie de cet exercice, n'était pas aussi catastrophique comme le voulaient faire croire les responsables usmistes. Ainsi donc, l'actuel coach de l'ASO, champion d'Algérie sortant, ne rate aucune opportunité pour décocher des flèches en direction des dirigeants de son ancienne formation. Appelé à expliquer les très bons résultats qu'il est entrain de réaliser avec les Chélifiens, au point de les mener vers le sommet du classement, Saadi a lancé un message à sa manière au président usmiste Ali Haddad. «Vous savez, si on est parvenu à s'offrir seuls le fauteuil de leader, c'est parce que l'ASO est présidé par un certain Abdelkrim Medouar, un responsable digne de ce nom, qui ne panique pas au moindre faux pas, et qui ne se précipite pas à provoquer des réunions d'urgence après une défaite de son équipe, comme c'est le cas dans certains clubs où l'on ne finisse pas avec les congrès à l'issue de chaque défaites de leurs équipes», commente Saadi. Il est clair que l'homme fait allusion au club phare de Soustara où les réunions d'urgence des dirigeants sont devenues coutumières ces derniers jours, sans pour autant trouver le remède à même d'arrêter l'hémorragie. Il est vrai aussi que, contrairement aux autres présidents des clubs algériens, celui de l'ASO, Abdelkrim Medouar, est réputé pour être un président qui favorise la stabilité au sein de son équipe, que ce soit au niveau de la barre technique ou l'effectif. On se rappelle d'ailleurs qu'après quelques journées du début du championnat de l'exercice en cours, ils étaient plusieurs supporters chélifiens à monter au créneau pour réclamer le départ de Saadi, suite aux résultats timides que réalisaient les coéquipiers du capitaine Zaoui. Ces mêmes supporters avaient même envahi les séances d'entraînements pour s'en prendre au successeur de Meziane Ighil à la barre technique de leur team. Mais Medouar en homme responsable, n'a pas abdiqué à la presse de la rue, comme c'est le cas pour la majorité de ses pairs dans les autres clubs, et a continué à soutenir son entraîneur jusqu'au bout. Le temps lui a d'ailleurs donné raison, en ce sens que son team est parvenu à redresser la situation, et s'offrir le fauteuil de leader. Et si Medouar avait agi de la sorte, comme il nous l'avait lui-même expliqué à l'époque, c'est parce qu'il ne voulait pas ouvrir une brèche aux supporters, par laquelle ils deviennent les principaux décideurs dans le club, limogeant les entraîneurs à leur guise, et recrutant d'autres aussi à leur guise.
Hakim S.
 
IL RÉSPIRE LA FORME CES DERNIERS TEMPS
Belhadj honoré par les supporters d'Al-Sadd
L'international algérien, Réda Belhadj, continue de se distinguer de fort belle manière avec son club qatari Al-Sadd, au point de devenir son meilleur joueur du moment. La preuve, les observateurs et les supporters de cette formation, revenue très en force en championnat local, en s'offrant le fauteuil de leader, l'ont choisi comme meilleur joueur du club lors des deux derniers mois. Justement, l'ancien joueur de Portsmouth a été honoré jeudi par les fans d'Al-Sadd, en lui remettant un trophée symbolique pour avoir été le meilleur élément de son équipe en décembre et en janvier. Voilà donc qui devrait motiver davantage le défenseur algérien qui, après une première saison très difficile passée du côté du Qatar, dont le transfert a suscité beaucoup de critiques à son égard, s'est vite ressaisi, se libérant notamment sur le plan psychologique. Cette montée en puissance de Belhadj intervient d'ailleurs au très bon moment pour la sélection algérienne appelée à entamer les éliminatoires de la coupe d'Afrique 2013, où l'erreur n'est guère permise, après avoir raté le rendez vous continental de 2012, qu'abritent actuellement la Guinée Equatoriale et le Gabon. Et quand on sait que plusieurs de nos joueurs évoluant à l'étranger manquent de temps de jeu avec leurs clubs respectifs, soit en raison de blessures ou à cause des choix de leurs entraîneurs, on imagine bien que la belle forme affichée par Belhadj donnera des solutions de rechange supplémentaires pour l'entraîneur national, Vahid Halilhodzic. Seulement, et comme l'autre latéral gauche des «Verts», Djamel Mesbah, traverse lui aussi une période faste, comme le témoigne son récent transfert vers le grand club italien du Milan AC, le sélectionneur national risque de se retrouver dans l'embarras quand il aura à choisir entre les deux joueurs pour occuper le flanc gauche de la défense algérienne le 29 février en cours à Banjul contre la sélection gambienne. Les spécialistes n'écartent pas, dans ce registre, de voir le technicien bosniaque procéder à la titularisation de Mesbah et Belhadj en décalant ce dernier au milieu de terrain, où il en a aussi l'habitude de jouer.
Hakim S.

 
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